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La question du radon : cancer et gestion du risque sanitaire

Le radon, et ses descendants radioactifs peuvent pénétrer dans les poumons avec l’air inspiré et ainsi provoquer une irradiation des voies respiratoires.

L'exposition au radon est un facteur de risques reconnu de cancer du poumon. Il est connu de longue date à la suite des décès de travailleurs des mines d'uranium, atteints de cancer du poumon. Ces mines ont cessé leur exploitation en France en 2001.

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Le laboratoire d’épidémiologie des rayonnements ionisants (EPID) a recruté des mineurs d’uranium entre 1946 et 2000. A ce jour, 1 467 décès ont été recensés dans cette cohorte de 5 000 hommes. La mortalité globale au sein de cette cohorte n’est pas différente de celle de la population générale. En revanche, un excès de décès par cancer du poumon a été observé.

En 1987, le CIRC a classé le radon comme cancérogène avéré pour le cancer du poumon (groupe 1). Le risque augmente avec la concentration du radon dans l’air respiré et avec la durée pendant laquelle on le respire (augmentation de 16% du risque par 100 Bq/m³ de radon mesuré ; BEH,2007).

Le radon serait la 2ème cause de cancer du poumon, derrière le tabac et devant l’amiante. En effet, une récente étude du CIRC a estimé qu’en 2015, 9,8% des cas de cancer du poumon seraient dus au radon. Cela représente 1,2% des nouveaux cas de cancer en 2015. L’IRSN et Santé Publique France ont estimé dans une étude publiée en 2018 que 3000 décès par cancer du poumon pourraient être attribuables au radon (soit 10% des décès par cancer du poumon). (Ajrouche et al., 2018). Entre 5% et 12% (selon les relations exposition-réponse étudiées) des décès par cancer du poumon seraient attribuables à une exposition au radon : les fumeurs exposés au radon ont 3 fois plus de risque de cancer du poumon que les non-fumeurs (Catelinois, 2007).

A ce jour, l'implication du radon dans la survenue d'autres cancers que ceux du poumon n'est pas démontrée.

La prévention des effets sur la santé

La prévention en milieu de travail repose essentiellement sur la ventilation des galeries souterraines : mines, champignonnières, caves vinicoles, établissements thermaux…

Dans une maison ou un autre bâtiment, la possibilité de pénétration du radon dépend en premier lieu de l’isolation ou la désolidarisation de l’édifice par rapport au terrain (travaux d’étanchéité) et de la ventilation du bâtiment. Les codes de la construction prévoient des mesures pour réduire les concentrations en radon dans les maisons en construction.

Enfin, il est possible de réduire la concentration en radon dans les habitations principalement par une bonne aération et isolation entre le sol et l'intérieur des bâtiments. Des mesures règlementaires ont été prises pour réduire les effets du radon sur la santé. Une étude coût-efficacité réalisée en Grande-Bretagne, conclut que de telles mesures pourraient être plus efficaces si on les combinait avec une réduction du tabagisme (Gray, 2009). 

En France, les établissements recevant du public (ERP) sont ainsi tenus de mesurer la teneur en radon. Trois niveaux de concentration sont pris en compte : en dessous de 300 becquerels par mètre cube (Bq/m³), entre 300 et 1000 et au-delà. Ces niveaux déterminent d’éventuelles actions correctrices (simples ou d’envergure) ou encore la fermeture des lieux jusqu’à réalisation des actions. Elles peuvent être retrouvées sur le site de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).

Recommandations générales :

  • Ouvrir ses fenêtres pour aérer son logement au moins 10min par jour dans chaque pièce.
  • Ne pas obturer les entrées et sorties d’air
  • Vérifier et entretenir les systèmes de ventilation du logement
  • Faire attention à la qualité de l’air intérieur dans le cadre de travaux de rénovation énergétique

Gestion du risque et évolutions récentes

Au niveau mondial

En septembre 2009, l’OMS a publié un manuel sur le radon dans l'air intérieur, intitulé "WHO Handbook on indoor radiations", dans lequel le seuil recommandé pour le radon dans les habitations est divisé par 10. En 1996, cette agence avait préconisé le seuil de 1.000 Bq/m³ dans les bâtiments. Aujourd’hui, considérant que le risque de cancer des poumons augmente de 16% pour 100 Bq, l'OMS recommande le seuil de 100 Bq/m³ et de 300 Bq/m³ pour les pays ne pouvant parvenir à ce nouveau standard, et conseille les travaux correctifs à partir de 400 Bq.

Au niveau national

Depuis 2005, trois plans d’action nationaux de gestion du risque ont été mis en place, publiant ainsi les objectifs pour réduire les effets sanitaires du radon. Les actions de ces plans sont articulées autour de plusieurs axes : la gestion du risque lié au radon dans les bâtiments existants à usage d'habitation, le suivi de la réglementation des lieux ouverts au public et de la réglementation applicable aux travailleurs, le développement de nouveaux outils de gestion et de diagnostic, et la coordination politique en matière d'études et de recherche.

Conformément à la Directive 2013/59/EURATOM, qui demande aux états membres de disposer d’un plan national d’actions pour faire face aux risques à long terme dus à l’exposition au radon, le troisième plan national d’action 2016-2019 pour la gestion du risque lié au radon a été rendu public le 26 janvier 2017 sur le site de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et sur le ministère chargé de la santé. La stratégie de ce troisième plan national d’action 2016-2019 pour la gestion du risque lié au radon vise prioritairement l’information du public et des principaux acteurs.

En France, depuis le début des années 2000, il existe une réglementation de la gestion du risque de radon dans les établissements recevant du public (ERP) ; elle a été étendue aux lieux de travail et dans le contrôle des eaux destinées à la consommation humaine puis plus récemment dans la politique de la qualité de l’air intérieur. Les derniers décrets de juin 2018 sont entrés en vigueur le 1er juillet 2018, il est maintenant obligatoire d’informer les potentiels acquéreurs ou locataires d’un bien si celui-ci se situe dans une zone de potentiel radon niveau 3.

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