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La question du radon : présentation générale et présence en France

Le radon est un gaz radioactif, incolore et inodore, qui se trouve naturellement dans les roches de la croûte terrestre dans le monde entier.

Il provient de la désintégration du radium et, au départ, de celle de l’uranium. Il est présent naturellement dans les roches et davantage dans les sous-sols granitiques et volcaniques : Bretagne, centre de la France, Alpes, Vosges, Corse. Trente départements à risque sont identifiés en France (2000).

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L’Institut de Radioprotection de Sûreté Nucléaire (IRSN) a publié une cartographie du potentiel radon des formations géologiques en France. En effet, c’est la géologie et la teneur en uranium des sols, qui déterminent principalement le niveau de concentration en radon.

L’IRSN a ainsi classé les communes françaises en 3 catégories en fonction de leur potentiel radon. Vous pouvez ainsi connaître le potentiel radon de votre commune avec l’outil cartographique de leur site internet. Cependant, le potentiel radon ne vous fournit qu’un niveau de risque relatif à l’échelle de votre commune. La concentration présente dans votre habitation dépend également d’autres facteurs (étanchéité de l’interface bâtiment-sol, renouvellement de l’air intérieur…).

Trois catégories d'exposition au radon

Le radon est un gaz radioactif produit par la désintégration naturelle de l’uranium présent dans les roches. Cancérigène pulmonaire, il peut présenter un risque pour la santé lorsqu’il s’accumule dans les bâtiments. La connaissance des caractéristiques des formations géologiques sur le territoire permet d’identifier les zones sur lesquelles la présence de radon à des concentrations élevées dans les bâtiments est la plus probable. Ce travail, réalisé par l’IRSN à la demande de l'Autorité de Sûreté Nucléaire, a permis d’établir une cartographie du potentiel radon couvrant l’ensemble du territoire métropolitain. Cette cartographie conduit à classer les communes en 3 catégories :

Catégorie 1

Les communes à potentiel radon de catégorie 1 sont celles localisées sur les formations géologiques présentant les teneurs en uranium les plus faibles. Ces formations correspondent notamment aux formations calcaires, sableuses et argileuses constitutives des grands bassins sédimentaires (bassin parisien, bassin aquitain) et à des formations volcaniques basaltiques (massif central, Polynésie française, Antilles…).
Sur ces formations, une grande majorité de bâtiments présente des concentrations en radon faibles. Les résultats de la campagne nationale de mesure en France métropolitaine montrent ainsi que seulement 20% des bâtiments dépassent 100 Bq.m³ et moins de 2% dépassent 400 Bq.m³.

Catégorie 2

Les communes à potentiel radon de catégorie 2 sont celles localisées sur des formations géologiques présentant des teneurs en uranium faibles mais sur lesquelles des facteurs géologiques particuliers peuvent faciliter le transfert du radon vers les bâtiments.

Les communes concernées sont notamment celles recoupées par des failles importantes ou dont le sous-sol abrite des ouvrages miniers souterrains... Ces conditions géologiques particulières peuvent localement faciliter le transport du radon depuis la roche jusqu'à la surface du sol et ainsi augmenter la probabilité de concentrations élevées dans les bâtiments.

Catégorie 3

Les communes à potentiel radon de catégorie 3 sont celles qui, sur au moins une partie de leur superficie, présentent des formations géologiques dont les teneurs en uranium sont estimées plus élevées comparativement aux autres formations. Les formations concernées sont notamment celles constitutives de massifs granitiques (massif armoricain, massif central, Guyane française…), certaines formations volcaniques (massif central, Polynésie française, Mayotte…) mais également certains grés et schistes noirs.

Sur ces formations plus riches en uranium, la proportion des bâtiments présentant des concentrations en radon élevées est plus importante que dans le reste du territoire. Les résultats de la campagne nationale de mesures en France métropolitaine montrent ainsi que plus de 40% des bâtiments situés sur ces terrains dépassent 100 Bq.m³ et plus de 6% dépassent 400 Bq.m³.

Remarque : dans le cas des communes de superficie importante - comme c’est le cas en particulier pour certains Outre-Mer - les formations concernées n’occupent parfois qu’une proportion limitée du territoire communal. Dans ce cas, la cartographie par commune ne représente pas la surface réelle d’un territoire affectée par un potentiel radon mais, en quelque sorte, la probabilité qu’il y ait sur le territoire d’une commune une source d’exposition au radon élevée, même très localisée. Afin de visualiser différentes zones au sein du territoire communal et de mieux apprécier le potentiel radon réel sur ce territoire, il convient de se référer à la cartographie représentée selon les contours des formations géologiques.

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L’IRSN a également réalisé une série de campagnes de mesures, il en ressort que la concentration moyenne de radon dans l'habitat en France a été estimé à 68 Bq/m³ (Becquerel par mètre cube), avec une exposition moyenne annuelle des Français à une dose de radioactivité de 1,5 mSv (millisievert). Cependant, les niveaux de radon peuvent varier d’une habitation à une autre, même si elles sont proches, en fonction des caractéristiques techniques de celles-ci.

Vous pouvez faire appel à un organisme agréé pour mesurer le radon à votre domicile ou vous munir d’un dosimètre pour réaliser le dépistage vous-même.

Le radon n’est pas source de danger à l’air libre où sa quantité est minime puisqu’il se dilue rapidement dans l’air extérieur. Il l’est en revanche quand il s’accumule dans des espaces confinés. C’est le cas dans les mines souterraines ou bien dans les habitations où il s’infiltre notamment par les fissures des murs, les joints ou bien depuis les sols et les roches sur lesquels elles sont construites. Les concentrations en radon sont généralement plus élevées dans les sous-sols, les caves, ou toute structure en contact avec le sol.